Après 5 années de récolte et d’analyse des données, le Château de Chantilly est en mesure de proposer un nouveau plan d’aménagement de crise pour la forêt jusqu’en 2050.
Depuis plusieurs décennies, le changement climatique et le dépérissement des chênes fragilisent profondément l’équilibre de la forêt du Château de Chantilly. Face à cette crise, le Château de Chantilly et l’Office national des forêts (ONF) ont choisi d’agir avec responsabilité et transparence, en associant la communauté scientifique et les habitants.

2018 : une décision exceptionnelle
En 2018, les premiers signes de dégradation massive de la forêt apparaissent clairement. Le Château de Chantilly, l’ONF et l’État prennent alors une mesure rare : suspendre l’application du document d’aménagement en cours.
Ce document fixe normalement, pour une durée de 15 à 25 ans, les objectifs et le calendrier des coupes et travaux forestiers. Sa suspension traduit la gravité de la situation : il était nécessaire de marquer une pause pour analyser les causes du dépérissement, envisager d’autres voies de gestion et repenser le plan d’aménagement de la forêt.
Un laboratoire à ciel ouvert et un collectif citoyen
À partir de 2019, la forêt de Chantilly devient un véritable laboratoire à ciel ouvert. Plus de 2 millions d’euros sont investis dans un programme inédit de recherche-action, associant chercheurs, forestiers et institutions.
Les études portent sur le climat, les sols, la génétique des chênes, la biodiversité et la vie du sol. Elles permettent de mieux comprendre les mécanismes du dépérissement et d’imaginer des solutions concrètes.
Autour de ce chantier scientifique, le collectif « Ensemble, Sauvons la forêt de Chantilly » voit le jour. Pendant 5 ans (2020 à 2025), des centaines de bénévoles participent activement : relevés de terrain, inventaires floristiques, prélèvements de sol… Cette mobilisation citoyenne incarne une volonté partagée de sauver la forêt et d’en assurer la transmission aux générations futures.


Une gestion forestière repensée
Les résultats des recherches et l’expérience collective conduisent aujourd’hui à une transformation profonde des pratiques forestières :
Abandon des coupes rases
Les coupes à blanc, inadaptées face aux sols de la région et températures locales, sont abandonnées au profit d’une sylviculture mélangée à couvert continu. Cette méthode maintient un couvert permanent, protège les sols de la chaleur et favorise autant que possible la régénération naturelle.
Le rôle clé des cloisonnements
Pour limiter le tassement des sols, des cloisonnements d’exploitation sont créés : des couloirs de 4 mètres de large espacés de 24 mètres. Ils permettent aux engins forestiers de circuler uniquement sur ces tracés, protégeant ainsi près de 80 % de la surface forestière du tassement.
Pour en savoir plus sur les cloisonnements en forêt de Chantilly.

Diversification des essences
La gestion s’oriente vers une diversification progressive des essences : maintien du chêne sessile plus résistant que le chêne pédoncule, introduction mesurée d’espèces adaptées au climat futur, tout en préservant la richesse existante.

Accompagnement des plantations et réflexion sur les zones sinistrées
Les plantations récentes seront accompagnées vers un modèle diversifié. Quant aux zones les plus touchées par le dépérissement, elles font l’objet d’une réflexion collective pour envisager, si nécessaire, de nouveaux écosystèmes plus adaptés.
Une attention à la biodiversité et aux équilibres
La préservation de la forêt ne se limite pas aux arbres, la gestion courante s’appuie sur :
- Des inventaires de la flore pour repérer les espèces rares et les intégrer dans les interventions.
- Une régulation raisonnée des grands animaux (cerfs, sangliers, chevreuils) qui en surabondance peuvent surconsommer la régénération naturelle et compromettre la biodiversité.
- Expérimentations écologiques pour freiner la pullulation des hannetons, dont les larves détruisent les racines des jeunes arbres et les hannetons adultes les feuilles de ces mêmes arbres.
- Un diagnostic sylvicole en continue pour suivre l’évolution de la végétation arborée.



Un engagement collectif et durable pour la forêt du Château de Chantilly
Grâce à cette démarche, la forêt de Chantilly devient un modèle de gestion durable et innovante, alliant science, tradition forestière et mobilisation citoyenne. A ce jour, le maintien d’un état boisé nécessite l’intervention de l’humain car les dégradations des milieux sont trop rapides. Une réflexion est d’ailleurs menée sur quelques secteurs, très secs, sur lesquels l’« investissement » forestier ne serait probablement pas opportun. L’ambition est claire : permettre à la forêt de traverser les défis climatiques et de rester vivante, accueillante et source de bienfaits pour tous.

Le livret bilan des actions
Pour faire le bilan et partager toutes les actions menées par le château , le Château de Chantilly a produit un document d’une quarantaine de pages : « La foret du Château de Chantilly – Un lieu à la croisée des chemins. »
La forêt du Domaine de Chantilly est aujourd’hui fragilisée par le changement climatique, qui provoque notamment le dépérissement progressif de nombreux chênes et complique le renouvellement des arbres. Pour faire face à cette situation, le domaine a décidé de mettre en place un plan d’aménagement de crise prévu pour 2035. Ce document, basé sur des études scientifiques et un travail commun entre plusieurs acteurs, a pour but d’adapter la façon dont la forêt est gérée, de mieux préparer son avenir et de protéger durablement sa diversité naturelle ainsi que les usages liés au site.
Les chantiers en cours en Automne 2026
- Travaux de cloisonnement vers le Bois-Saint-Denis.
- Jours chassés en forêt du Château de Chantilly, plus d’informations sur le site de l’Office National des Forêts.
- Travaux de cloisonnement vers Apremont (parcelles 59, 60 et 64)
- Rénovation et création de lisières autour de la table de Montgrésin (parcelle 296)
Chantiers terminés












